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03/12/2019

Urbex : quand la ville s'explore

La ville recèle des terrains de jeu insoupçonnés. Les passionnés d’Urbex le savent bien et en font leurs territoires oubliés d’exploration. 
Urbex, ou Exploration Urbaine, c’est revenir dans des bâtiments abandonnés. Une façon de se faufiler dans les mailles inconnues du tissu urbain… sans laisser de traces. 

Les règles d’or de l’Urbex 

« Les seules traces qu’on laisse sont celles de nos pas ». Voici l’un des commandements de l’Urbex. On ne vole pas, on ne casse rien et il n’y a pas d’effraction. On touche avec les yeux.
Une ancienne école, un hôpital désaffecté, une usine fermée, un bunker abandonné : le passionné d’Urbex connaît bien ces endroits. Il s’y faufile de jour ou de nuit, avec sa frontale et son pas de velours à la recherche de graffitis, d’une ambiance, d’une âme, d’une histoire. 

« Il faut donner envie aux gens de découvrir l’environnement, il n’y a pas que le trajet métro-boulot-dodo, il y a d’autres choses à explorer ! Même dans la ville on peut trouver ce plaisir de se balader et trouver des lieux inédits, » explique Clément, cofondateur du collectif Hit The Road.

L’Urbex, ce n’est pas être un voyeur, un amateur de ruines glauques, mais d’aiguiser sa curiosité. « Ce n’est pas lugubre répond Clément, « il y a une belle histoire dans les bâtiments. Ici par exemple, c’est une ancienne école et nous sommes dans la cabine de projection de l’amphithéâtre… il y a une certaine émotion ».
“se dire qu’on est parmi les premiers explorateurs à entrer… faire une photo pour montrer ces traces du passé"

L’exploration urbaine c’est de l’observation urbaine

Certaines infiltrations sont parfois acrobatiques, avec des rappels encordés et l’humidité peut être perçante. Clément utilise des vêtements techniques venus de l’outdoor « proches du corps pour éviter de s’accrocher à un grillage, légers, stretch, chaud… il faut qu’on soit libre de nos mouvements ». 

Découverte des marges urbaines, liberté de mouvement et d’esprit, voir la ville autrement… l’explorateur urbain exprime les mêmes valeurs que Köppencap.
Ainsi, l’oeil aux aguets, en roue libre dans les rues, l’éco-mobilité devient un moyen de repérer ses futurs terrains d’exploration. L’urban explorer se déplace en ville en levant les yeux à la recherche des signes qui ne trompent pas : « des volets fermés pendant des semaines, un store cassé, de la végétation… Quand on fouille on se rend compte que la ville est un vrai gruyère et qu’il y a énormément de choses qui sont abandonnées ». Il faut savoir renifler la ville comme un chasseur. 

Le but de l’Urbex est de ressentir le frisson de l’interdit et de la découverte, et une fois à l’intérieur, pouvoir « se dire qu’on est parmi les premiers explorateurs à entrer… faire une photo pour montrer ces traces du passé », confie-t-il. L’imaginaire de l’homme moderne ne s’épanouit plus seulement dans les lieux sauvages mais aussi dans les lieux abandonnés.

Texte : Guillaume Desmurs

Photos : Guillaume Desmurs, Adam Dore et Patrick Tomasso sur Unsplash 
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