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04/11/2019

Citizen Cyclist - Le vélo : retour vers le futur

Mikael Colville-Andersen a un petit vélo dans la tête. Un petit vélo qu’il aimerait multiplier et faire rouler dans les villes du monde entier !

Spécialiste de l’intégration des deux-roues dans l’infrastructure urbaine, il conseille des villes dans le monde entier avec sa société Copenhagenize.
Pour ce gourou des deux-roues, il est temps de reprendre possession des rues avec notre bicyclette !

(Photo ci-contre : Mikael Colville-Andersen et son vélo cargo)


Le vélo est l’outil le plus important dont nous disposons pour réinventer notre style de vie en ville. C’est comme si nous avions subi une lobotomie ces cent dernières années, et que nous nous mettions à penser le futur en regardant le passé.
Le vélo a transformé la société humaine plus efficacement et rapidement que n’importe quelle invention à la fin du XIXe siècle, et il est de retour. C’est un outil et un symbole puissant”,
lance Mikael Colville-Andersen dans cette interview

Les voitures sont obsolètes

Quand on se balade à Copenhague, où les voitures ont largement disparu du paysage, on comprend comment le vélo peut avoir un impact concret sur la pollution de l’air, les bouchons automobiles, la sécurité… et surtout la qualité de vie. Par comparaison, nos villes construites pour et autour des voitures nous paraissent bien obsolètes. Ce que professe Mikael Colville-Andersen, c’est un changement d’époque. Tout simplement.


Il commence ainsi sa conférence TedX en précisant que 96 fois par minute quelqu’un meurt dans un accident de voiture quelque part dans le monde.

“Pourquoi accepte-t-on ce status quo ?”, demande-t-il, déconstruisant ensuite habilement la logique qui a transformé les villes en terrain de jeu pour les voitures… pas les piétons ni les cyclistes. En prenant comme exemple sa ville, Copenhague, il montre cependant que les villes sont en train de connaître un “changement paradigme” : les rues transforment leur physionomie et le vélo est l’instrument de cette révolution. 
"Le vélo a transformé la société humaine plus efficacement et rapidement que n’importe quelle invention à la fin du XIXe siècle, et il est de retour."

Observer pour améliorer

Cet ancien scénariste de cinéma danois et canadien s’est fait connaître dans le monde de l’urbanisme par son étude du comportement des cyclistes à une intersection de Copenhague, poétiquement intitulée “La chorégraphie d’une intersection urbaine” (The choreography of urban intersection). 16 631 cyclistes observés pendant 24h !
Sa méthode ? Observer les lignes de désir (desire lines, en vo), un terme désignant les raccourcis invisibles qu’empruntent piétons et cyclistes, c’est à dire les itinéraires les plus évidents. 

De ces observations, il en a tiré des recommandations pragmatiques d’aménagement et popularisé sa méthode : l’observation. 
“Les belles villes du futur doivent être basées sur l’observation humaine et des principes de design”, c’est à dire en pensant à l’usager et pas seulement en écoutant les ingénieurs, plaide Mikael Colville-Andersen.

La vie c’est du mouvement, perpétuel même !, c’est le langage du corps dans l’espace, ce qui est tout aussi vrai dans un vêtement, comme ceux que nous concevons à Köppencap.
Depuis, celui qui se définit comme un spécialiste de la mobilité urbaine a aidé de nombreuses municipalités à intégrer le vélo sur leur territoire. Une expérimentation réussie dans une ville inspire une autre à faire de même et, progressivement, tour de roue après tour de roue, le vélo trouve sa place.

“Il y a la première ligue : Copenhague, Amsterdam, Utrecht, Strasbourg, et puis les autres. Toutes les villes en veulent. Si Bertrand Delanoë n’avait pas lancé le Vélib’ à Paris, Londres et New York n’auraient pas suivi. Certaines villes copient ce que nous avons fait, mais le font en cinq ans : Séville est passée de 0,2 % à 7 % de part de marché pour le vélo en quatre ans ; Buenos Aires a construit 140 km d’infrastructures séparées pour les vélos en deux ans…”

Ainsi, prédit-il, “le citoyen cycliste montera sur son vélo”. La révolution n’est pas en marche, elle roule ! 

Texte : Guillaume Desmurs
Photos : Mikael Colville-Andersen/ Lloyd, The Choreography of an Urban Intersection, Copenhagenize Design Company
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