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04/09/2019

La marche, le ciment de la ville

Pas à pas, la marche reconquiert les villes. Les urbains redécouvrent les avantages de ce mode de déplacement permettant de connecter les différents modes de transport, favorisant les rencontres et, en plus, c’est bon pour la santé. Certaines villes, comme Bilbao, ont aménagé l’espace pour redonner sa place au déplacement pédestre. Un pied devant l’autre, les piétons reprennent leur place dans les rues.

Quand on évoque la micromobilité, on s’émerveille de la liberté offerte par les trottinettes électriques filant entre les voitures ou du plaisir de flâner à vélo où un coup de pédale vous décrasse l’imagination… mais la micromobilité, c’est aussi ce moyen de déplacement simple, presque gratuit et lent : la marche.

Discrète, la marche est pourtant essentielle dans les métropoles. Elle est même, selon l’expression de la géographe Sonia Lavadinho “le ciment de la ville”, car elle permet la transition entre les différents modes de transport.
“Les micromobilités”, poursuit-elle, “favorisent aussi la rencontre car elles roulent à des vitesses certes plus augmentées que la marche mais néanmoins relativement basses sans besoin de coques (véhicule fermé, protection qui isole…). Plus on diminue la vitesse, plus on enlève les coques. Et plus on est disponible, sensible, ouvert à ce qui se passe autour de soi, plus on profite de la ville. La multimodalité redonne de la vigueur à la finalité de la ville, qui est la rencontre”.

D’ailleurs, on marche bien plus dans les villes. Ainsi dans les dix premières métropoles de France, les déplacements à pied ont augmenté de 9 % entre les années 1990 et les années 2010, alors qu’ils avaient reculé de presque 30 % entre la fin des années 1970 et les années 1990 (chiffres cités par le journaliste Eric Beziat dans cet article).
« C’est le mode de déplacement universel, rappelle Frédéric Héran, économiste de la mobilité à l’université de Lille. Il connaît un regain dans les zones denses de toutes les grandes villes du monde occidental.» 

Ainsi, de nombreuses villes dégagent l’espace urbain pour donner une foulée plus libre aux piétons. L’un des exemples les plus intéressants est Bilbao.
“Grâce à un travail en profondeur, Bilbao est devenu une des villes les plus « marchables » d’Europe : on s’y déplace à
70 % en marchant, à 20 % en transports publics et à seulement 10 % en voiture”, décrit Sonia Lavadinho.
Pour y parvenir, la ville a travaillé sur “les liaisons interquartiers, incitant à se déplacer vingt ou trente minutes à pied”, elle a également “systématiquement gommé les obstacles, résorbé les coupures en créant de nouveaux ponts, passerelles, ascenseurs et rampes pour faciliter l’accès aux personnes âgées et/ou en situation de handicap”. 

Bilbao est devenu une des villes les plus 
« marchables » d’Europe : on s’y déplace à 70 % en marchant. 


Un kilomètre à pied, ça use, ça use… dit la chanson. Ça use surtout les semelles, pas la santé. Au contraire, marcher est bon pour la santé. Les dangers d’un mode de vie sédentaire, en position assise, étant bien connus, mettre un pied devant l’autre pourrait bien être un remède efficace, ainsi que le recommande François Carré, cardiologue du sport au CHU de Rennes « au moins trente minutes de marche par jour d’un très bon pas, sachant que dès quinze minutes, ce sera bénéfique et que ces trente minutes peuvent se faire en plusieurs fois. » (cité dans cet article).


Réduire la vitesse de déplacement pour une ville apaisée, durable et
multimodale ? La marche y contribue, tout en cohabitant “très bien avec d’autres modes de déplacement, dès lors que ceux-ci circulent à une vitesse lente”, conclut Sonia Lavadinho. 

Texte : Guillaume Desmurs
Photos : Unsplash : Jan Antonin Kolar, Nicola Fioravanti, Jorge Fernandez Salas

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