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05/09/2019

La trottinette, ça roule toujours ?

L’explosion du nombre de trottinettes en France, 20 000 à Paris et 8 000 à Lyon, pose la question de la cohabitation entre ce nouveau moyen de transport et les autres. L’agacement des piétons et automobilistes face à ces deux roues d’un nouveau genre l’illustre.
La solution ? Légiférer pour installer les bonnes pratiques. La micro-mobilité, devenue essentielle dans le paysage urbain, passe à l’âge adulte.

Le sujet est tellement sensible que Lime, l’un des plus gros opérateurs de trottinettes à Paris (qui en compte 12), a décidé de s’en moquer dans une campagne de publicité acide et plutôt bien vue.
De l’humour pour désamorcer les problèmes de cohabitations entre piétons, voitures et trottineurs ? Ce n’est pas suffisant. 

Frictions sur le terrain urbain

La problématique que met en lumière l’explosion du nombre de trottinettes électriques en libre-service (roulant à Lyon, Bordeaux, Marseille, Strasbourg, Nantes et même des plus petites villes touristiques comme Annecy ou Cagnes-sur-mer) est celle du partage de l’espace urbain à la française. Les trottineurs considèrent qu’ils peuvent circuler sur les trottoirs et se comporter comme des piétons, mais, propulsés à l’électricité, ils vont suffisamment vite pour évoluer sur les routes. Alors, où est leur place ?

Incivilités, accidents, prises de vitesses dangereuses, occupation des trottoirs, rues prises à contresens, “accidents plus ou moins graves, stationnement anarchique, piétons bousculés, épaves gisant sur les trottoirs…”, un article paru dans le magazine l’Express de juin dernier (intitulé Vivre en paix avec les trottinettes) aligne la litanie des complaintes.
Sans parler de cette pianiste professionnelle blessée au bras par une trottinette et qui a porté plainte contre la Mairie de Paris.
Selon les chiffres de la sécurité routière de 2017, on comptait 285 blessés sur le front de la micromobilité. 
Les trottinettes électriques entrent dans le code de la route

Des lois pour régler ce problème de mobilité

Ces problèmes de mauvaise humeur restent très français.
A Copenhague, où le nombre de deux-roues (265 000) dépasse celui des voitures, la question ne se pose pas. Alors inspirons-nous de ces bons usages pour que la micro-mobilité se développe sereinement. C’est ce que pense Stéphane Schultz, spécialiste des mobilités cité dans l’article de l’Express : “On n’interdit pas les bus parce que des voyageurs mettent les pieds sur les banquettes. De même il serait stupide de rejeter les trottinettes en raison de la désinvolture de certains utilisateurs. Rien n’est jamais parfait d’emblée surtout quand une innovation se répand de manière aussi fulgurante !”. 

L’exemple de Bordeaux est une piste (cyclable) à suivre. A l’inverse de Paris, la ville a édicté une charte limitant, notamment, le nombre de trottinettes en libre-service et la circulation sur les trottoirs.
C’est un encadrement légal du même type qui se met en place en France à la rentrée 2019… à commencer par Paris, lentille grossissante du phénomène.
 



La mairie de Paris, ville la plus touchée par les incivilités, a ainsi décidé de nouvelles règles à partir de septembre 2019 : interdiction de rouler sur les trottoirs ou de dépasser les 25 km/h. L’âge minimum pour utiliser une trottinette électrique sera de huit ans, le casque obligatoire jusqu’à douze et l’usage d’écouteurs interdit.

Le gouvernement embraye dans la même direction puisque la trottinette électrique rentre dans le code de la route.
Au menu : limitation à 25 km/h, obligation d’équiper son engin d’avertisseurs sonore, de freins et de dispositifs rétro-réfléchissants (dont sont équipés les vêtements Köppencap). Sans oublier, bien sûr, l’interdiction de circuler et de stationner sur les trottoirs. Le code de la route rappelle que l’engin est destiné à transporter une personne, fini donc les passagers sur sa trottinette. Pour ceux qui voudraient passer outre, les amendes vont de 35 à 1500 euros. 

Apprendre les bons usages, ensemble

Tout comme Lime, d’autres opérateurs de trottinettes électriques ont pris la parole pour répondre aux critiques… et défendre leur business. Dott et Circ ont ainsi transformé les plaintes des parisiens exaspéré en actions positives. 
Le premier a offert un bon d’achat à tous les “haters” des trottinettes électriques, alors que le second a repris la publicité de Lime en la détournant pour expliquer les efforts de Circ pour contrer les incivilités dans la capitale. 
Plus concrètement, le patron de Lime, Arthur-Louis Jacquier, a indiqué avoir “créer une équipe de 50 personnes entièrement dédiée à enlever les trottinettes mal garées des trottoirs pour les mettre sur des places autorisées, comme la mairie de Paris nous le demande”.

On peut pourtant faire le pari que, comme nous le pensons chez Köppencap, “une fois mis un terme aux désordres actuels, ces deux-roues d’un nouveau genre devraient devenir, dans le paysage urbain, aussi banal qu’une cafetière dans une cuisine”. 
Et nous roulerons dans nos villes avec une sérénité toute nordique. 

Texte : Anouchka Noisillier et Guillaume Desmurs 
Photos : Lime, Unsplash - Mika Baumeister
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