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03/03/2020

Le vélo, c’est bon pour le cerveau

Que se passe-t-il dans le cerveau d’un chauffeur de taxi ? Et plus précisément dans l’hippocampe. Et plus précisément des taxis londoniens ? Pourquoi tant de mystère ? Parce que nous allons ainsi prouver la grande plasticité du cerveau et qu’il peut se modifier par entraînement. Explication. 
Les chauffeurs de taxi passent 3 à 4 ans d’entraînement autour de Londres sur leurs vélomoteurs, mémorisant 25’000 rues dans un rayon de 10 km.
Comment un chauffeur de taxi mémorise le plan complexe d’une ville ? En musclant son hippocampe. Attention, ce n’est pas aussi simple qu’il y paraît et cette zone particulière n’est pas située dans les mollets mais bien dans la boite crânienne.
Les chauffeurs de taxi londonien doivent passer un examen difficile basé sur la mémorisation des milliers de rues du centre de la capitale britannique.

« Les chauffeurs de taxi passent 3 à 4 ans d’entraînement autour de Londres sur leurs vélomoteurs, mémorisant 25’000 rues dans un rayon de 10 km de la gare de Charing Cross ainsi que des milliers d’attractions touristiques et des «points chauds». Seulement la moitié d’entre-deux réussissent l’examen, » apprend-on ici.

L’hippocampe survitaminé des taxis londoniens


Résultat ? Ce travail de mémorisation impacte la neuroplasticité du cerveau puisque « Quatre ans plus tard, 39 des 79 stagiaires ont réussi leur permis. Les études d’imagerie par résonance magnétique ont montré que les chauffeurs qui ont réussi leur examen avaient un hippocampe plus grand que 4 ans plus tôt. »
Le cerveau, ce morceau de matière traversé d’illuminations soudaines et parfois d’une grande paresse, apprend donc toute la vie et il est même capable de se modifier pour s’adapter.
 
Pour expliquer le gonflement de cette zone de matière grise,
« deux hypothèses ont été émises : production de nouveaux neurones ou migration de neurones à partir de régions antérieures de l’hippocampe. En tout état de cause, cette modification est une conséquence de l'entraînement spécial des conducteurs de taxis. (…)
Ceci signifie que le cerveau est un organe capable de s’ajuster et de se modifier de façon durable suite à des expériences d’un certain type », ajoute l’auteur de cet article. Une matière grise (le macadam) en inspire donc une autre ! 



Oublions le GPS, naviguons en manuel


Alors est-ce qu’à l’inverse le GPS rend-il les cerveaux paresseux ? Oui, car « Comme tout muscle, celui qui permet de s’orienter se ramollit et réduit si on s’en sert pas », explique le facétieux Gédéon de Biyanvrac.
Le guidage millimétré de Waze ou Google Maps nous rendrait-il bête comme nos pieds (et nos roues) ? Et si pour une fois nous laissions nos petits écrans dans la poche et faisions l’effort de mémoriser les rues le plus souvent empruntées, d’inventer des trajets différents pour faire plaisir à nos neurones (comme les lignes de désirs). 










D’ailleurs, pour poursuivre sur ma lancée, j’ajouterai que Nicholas Carr (penseur de la critique du numérique aux États-Unis et auteur du best-seller Internet rend-il bête ?) estime que « l’automatisation de la société est une cage de verre, un piège confortable ». Il prévient que, du smartphone au GPS, les machines nous donnent l'illusion d'être plus libres, alors qu'elles nous privent justement des défis de l'existence. Reprenons nos esprits et notre route. Si pédaler augmente notre volume musculaire, il nous oxygène les neurones et, nous le savons maintenant : il nous regonfle l’hippocampe ! 
 
                        Texte : Guillaume Desmurs                 Photos : Joel Barwic, Anigaïdo
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